- Mission : Les lichens du parc national de Khénifra : de l'évaluation écologique à la création de valeur durable
- Client : Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI)
- Période de mise en œuvre : 03/2026-07/2026

Les lichens dans le Parc National de Khénifra : préserver la nature et renforcer la création de valeur locale
Au cœur du Maroc se trouve le Parc National de Khénifra, un vaste territoire montagneux d’environ 842 km² situé dans le Moyen Atlas et caractérisé notamment par d’importantes forêts de cèdres. Les peuplements de cèdre de l’Atlas (Cedrus atlantica) constituent un patrimoine naturel précieux et représentent également une ressource importante pour les populations locales. Dans ce contexte, une étude approfondie des peuplements lichéniques dans les forêts d’Ajdir, de Kerrouchen et d’Itzer a été réalisée. Elle avait pour objectif de mieux comprendre où les lichens sont présents, dans quelles conditions écologiques ils se développent et quel est leur potentiel pour une utilisation durable.
L’étude a été réalisée dans le cadre du projet Femmes Résilientes au Moyen-Atlas (FERMA), mis en œuvre en collaboration entre l’Agence Nationale des Eaux et Forêts (ANEF) et la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), une organisation canadienne à but non lucratif. L’étude a été réalisée sous la direction d’IPROconsult Morocco (ICM), en collaboration avec Zoubida Charrouf Consulting (ZCConsulting) en tant que sous-traitant. Pour la cartographie et la représentation des peuplements lichéniques à l’aide des systèmes d’information géographique (SIG), l’ICM a également bénéficié de l’appui du Bureau Environnement et Écologie d’IPROconsult GmbH à Dresde..
À travers sept livrables complémentaires, l’étude a permis de recenser et d’évaluer les lichens, d’analyser leurs conditions écologiques et de poser les bases d’une chaîne de valeur durable. Une attention particulière a été portée au lichen Pseudevernia furfuracea, qui peut notamment être utilisé comme matière première dans les secteurs de la parfumerie et des cosmétiques. Les résultats montrent que la présence et le développement des lichens dépendent fortement des conditions propres à chaque site forestier. L’âge et l’état sanitaire des cèdres, la structure des peuplements, l’altitude, l’exposition, la sécheresse et d’autres facteurs environnementaux influencent leur développement. Une analyse multicritère a permis de croiser ces différentes informations et de cartographier les zones présentant un potentiel lichénique maximal, élevé, faible ou minimal.
L’étude s’est également intéressée à la chaîne de valeur, depuis la collecte et la transformation jusqu’à la commercialisation et au développement de nouveaux produits. Une gestion durable de la filière lichénique pourrait offrir aux coopératives locales de nouvelles possibilités de revenus et d’emploi et contribuer à maintenir davantage de valeur ajoutée dans la région. L’étude montre toutefois que l’utilisation économique des lichens est indissociable de la conservation des cédraies. Seuls des peuplements forestiers sains et capables de se régénérer pourront assurer durablement les habitats nécessaires au développement des lichens. Cette étude constitue ainsi une base pour les prochaines étapes : améliorer le suivi de la ressource, promouvoir une gestion durable et développer une chaîne de valeur permettant à la fois de préserver les écosystèmes et de renforcer les opportunités économiques pour les populations locales.




